Tout Goude aux Arts Décoratifs

Jean-Paul Goude aux Arts DécoratifsJusqu’au 18 mars 2012, le musée des Arts Décoratifs de Paris propose la première rétrospective de Jean-Paul Goude. Goudemalion, terme créé par Edgar Morin, contraction de Goude et de pygmalion, retrace quarante ans de carrière iconographique d’un « faiseur d’images » contemporain.

C’est sous la nef et ses bas-côtés du musée des Arts Décoratifs que s’expose l’œuvre du dessinateur, photographe, vidéaste et metteur en scène, Jean-Paul Goude. Même s’il a vécu et travaillé de longues années aux Etats-Unis, c’est sur la danseuse mécanique et la locomotive, deux pièces emblématiques du défilé du bicentenaire de la Révolution française que commence la rétrospective. Métissage, fantaisie, décalage caractérisent cette mise en scène, photos, vidéos et dessins à l’appui. Les salles attenantes retracent le parcours illustré du garçon de Saint-Mandé qui, très jeune se passionne pour le zoo de Vincennes, les histoires d’indiens d’Amérique et la danse pratiquée sa mère, ancienne actrice de music-hall.

Il débute sa carrière comme illustrateur. Son premier fait d’arme est un bandeau pour le Printemps Hommes représentant les minets stylisés du Paris des années 60. Près de 40 ans plus tard, c’est le grand magasin voisin qui fera appel à lui pour des illustrations « so Goude ». En 1970, il devient directeur artistique pour l’Esquire, mensuel pour hommes très renommé. C’est à New-York que son style se forme. Il se nourrit de la Big Apple. Mouvement, rapidité, diversité, véhémence, déformation autant de mots qui peuvent caractériser les images à venir. Autre inspiration éternelle de Goude : les femmes. Pas n’importe lesquelles, celles dont il est amoureux et qui deviennent de véritables muses. Radiah qu’il juche sur des talons de 30 centimètres, Grace Jones qu’il transforme en superwoman et Farida qui marque aussi son retour à Paris. Kodak, Citroën, Perrier, Chanel et dernièrement Prada (avec la danse de Léa Seydoux), Jean-Paul Goude applique sa formule en mouvement mais surtout humour dans des publicités mémorables.

Björk, Linda Evangelista, Naomi Crawford et un bon nombre de couturiers passent devant son objectif dans des mises en scène toujours fantasques -ne pas manquer la série sur la mode et le sport-. Dans les années 2000, il s’affiche au fronton des Galeries Lafayette avec Laetitia Casta. De la série, on retient surtout cette transformation de la top française en jeune homme très photogénique dont les étapes sont dévoilées. Amoureux toujours et encore, Jean-Paul Goude passe des fesses très arrondies de Carolina (1976) au ventre près d’enfanter de sa femme Karen en 2009.

Si la musique rythme le défilement des œuvres, le choix de la peinture noire, du sol au plafond, a parfois tendance à étouffer le dynamisme de certaines œuvres. Dessins préparatoires, découpes des ektachromes, story-boards, l’exposition reflète les différentes facettes de Goude et décrypte un langage visuel qui, malgré sa spécificité, nous est devenu familier.

www.lesartsdecoratifs.fr

UA-20260842-1